> A Évariste de Parny


Le temps efface bien des noms.

Pourtant certains demeurent encore,
Non par le bruit, mais par l'accord
D'une plume avec le silence,
D'un vers discret avec l'absence.

Tes élégies ont traversé
Les saisons comme les marées.
Sans jamais chercher les honneurs,
Elles parlaient simplement du cœur.

J'aime ces voix qui ne s'imposent pas,
Mais qui restent longtemps après les pas.
Celles que l'on retrouve un soir,
Lorsqu'on cherche un peu d'espoir.

Si mon nom porte aujourd'hui
L'écho lointain de celui qui fut le tien,
Qu'il soit surtout un Merci,
Pour ce souffle devenu mien.

Le temps emporte les visages,

Mais les mots traversent les âges.


       — Parnèle


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En relisant Élégie d'Évariste de Parny, j'ai eu envie de prolonger cette conversation, non comme une réponse qui contredit le poète mais un écho écrit plusieurs siècles plus tard.

Je vous partage ci-dessous le poème qui m'a inspiré, suivi de ma réponse.




Élégie

Que le bonheur arrive lentement !

Que le bonheur s'éloigne avec vitesse !

Durant le cours de ma triste jeunesse

Si j'ai vécu, ce ne fut qu'un moment.

Je suis puni de ce moment d'ivresse.

L'espoir qui trompe a toujours sa douceur,

Et dans nos maux du moins il nous console ;

Mais loin de moi l'illusion s'envole,

Et l'espérance est morte dans mon coeur.

Ce coeur, hélas ! que le chagrin dévore,

Ce coeur malade et surchargé d'ennui,

Dans le passé veut ressaisir encore

De son bonheur la fugitive aurore,

Et tous les biens qu'il n'a plus aujourd'hui ;

Mais du présent l'image trop fidèle

Me suit toujours dans ces rêves trompeurs,

Et sans pitié la vérité cruelle

Vient m'avertir de répandre des pleurs.

J'ai tout perdu ; délire, jouissance,

Transports brûlants, paisible volupté,

Douces erreurs, consolante espérance,

J'ai tout perdu : l'amour seul est resté


- Évariste de Parny


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Ce qui demeure

Parny, tu dis : « tout s’efface et se brise »,
Que l’amour reste, amer et sans secours ;
Je vois pourtant, sous ta douleur soumise,
Un feu vivant qui ne meurt pas toujours.


Tu crois porter une flamme inutile,
Vestige froid d’un bonheur envolé ;
Mais c’est un cœur, malgré la nuit docile,
Qui sait encore et sans rien, se dévoiler.


L’amour survit quand tout le reste tombe,
Il ne réclame ni retour ni voix,
N’est pas la cendre au fond d’une tombe,
Mais souffle intact que rien ne met en croix.


Tu dis « perdu » — je vois ce qui demeure :
Aimer encore, sans attendre jamais.
Et dans ce don, plus vaste que le cœur,
Naît un amour que nul ne perdrait.



- Parnèle 



Les textes vivent aussi à travers ceux qui les lisent.

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