Lorsque les vents changent de voix,
Que l'horizon devient brouillard,
Il est un rivage d'autrefois,
Qui garde encore son feu de phare.
Les feuilles tombent sous les saisons,
Les branches ploient avec les années ;
Mais tout au fond de la maison,
L'arbre demeure inchangé.
Il ne promet aucun miracle,
Ni d'effacer les jours trop lourds ;
Il offre un silence habitable,
Où le coeur retrouve son cours.
Les plus solides des voyageurs
Conservent, caché sous leurs pas,
Un sentier tracé de douceur
Que nul oubli ne fermera.
Car on s'éloigne au fil des paysages,
Mais demeure en nous ce premier visage,
Et lorsque le monde devient trop dur,
C'est une main tendre qui rassure
- Parnèle



