> Sonnet du petit air
On dit que l’air est pur, qu’il suffit de le prendre,
Qu’il se donne à tous, sans besoin de le défendre,
Pourtant j’ai vu des rois, penchés sur leur tas d’or,
Souffler dedans des feux qui font tousser les morts.
Ils disent : « C’est pour vous », quand la fumée redescend,
Et peignent le soleil d’un gris un peu malade,
Et après la guerre, ils comptent fiers leurs bouts de terre fades
Où rien ne pousse plus que du souffle brûlant.
Ils boivent sans le voir l’air qu’ils ont souillé,
Cherchent à respirer des victoires fumées,
Mangent des viandes déjà contaminées,
Et s’étonnent qu’un goût de fer rouille leurs palais.
Moi, je garde un soupir dans ma poche de ciel,
Pour quand leurs grands châteaux auront l’odeur mortelle
Des choses qu’on a tuées en croyant les vendre au vent,
Des jardins où ne joue plus aucun enfant.
- Parnèle
Les textes vivent aussi à travers ceux qui les lisent.
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