Il n’est point de poignard, ni de lame éclatante,
Qu’une main sans couleur, glacée, désarmante,
Qui serre sans violence, mais sans rémission,
Et presse un cœur vivant comme une confession.
Ce n’est pas un chagrin banal ou passager,
Mais une marée noire que l’on laisse couler,
Un souffle trop chargé, un cri qui ne sort pas,
Et le cœur se déforme, mais personne ne le voit.
Takotsubo, murmure une langue étrangère,
C’est l’ombre d’un amour, d’un deuil, d’une colère,
Qui tord le ventricule comme un vase fêlé,
Et noie l’âme sans bruit, dans le sang affolé.
Aucun vaisseau n’éclate, aucune artère en feu,
Mais le muscle chancelle, pris dans un jeu trop vieux,
Et l’on croit à l’infarctus, au coup fatal du sort,
Alors que c’est le chagrin qui cogne si fort.
Pourtant le cœur revient, timidement, lucide,
Il bat plus lentement, mais plus vrai, moins avide,
Il garde la mémoire des larmes sans appel,
Et continue, fragile, sous le ciel éternel.
- Parnèle


