Ce que l'on sait, ce que l'on tait


On a voulu voir, tout savoir et tout nommer,

Peser chaque silence et chaque vérité,

Mais plus on éclaire, plus grandit en secret

Ce que l’on ne saisit qu’en cessant d’y toucher.


Le savoir n’est qu’un seuil que l’on croit passer,

Une porte entrouverte qu’on hésite à pousser,

Mais derrière chaque réponse à peine effleurée,

D’autres mondes attendent… sans vouloir se livrer.


Et l’idée vient parfois, sans bruit, sans s’imposer,

Qu’un jour, tout doucement, il faudra s’effacer,

Non comme une défaite, ni même un arrêt,

Mais plutôt la marée qui doit se retirer.


Alors faut-il lutter, retenir et s’agripper,

Ou laisser chaque instant simplement exister ?

Car peut-être qu’au fond, les choses les plus vraies

Se laissent seulement approcher sans parler.


Et si tout doit finir et pourtant continuer,

Peut-être est-ce un passage, et non une destinée,

Comme un ciel qui s’éteint pour mieux laisser

Paraître les étoiles

Qu’aucun soleil ne pouvait montrer.




        - Parnèle


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