Elle naît dans la boue, son humble abri de lumière,
Sous un éclat de jour, frêle et passagère,
Ses ailes se déploient, fines comme des voiles,
Et son vol trace au ciel un silence d’étoile.
Pas d’essaim à défendre et pas de reine à servir,
Elle suit son instinct, sans vouloir conquérir.
Chaque nid qu’elle façonne est un chant éphémère,
Un secret de poussière au cœur de la terre.
Quand vient la lassitude, elle se pose, discrète,
Sur un mur, une fleur, dans la paume d’une fenêtre.
Le monde la traverse et sans bruit, elle s’endort,
Comme si vivre un peu suffisait à la mort.
Et quand son corps se mêle à l’ombre végétale,
Son œuvre, elle, demeure, petite et magistrale.
Ainsi vont les esprits, qu’on croit sans importance,
Qui laissent dans la boue une trace d’espérance.
- Parnèle

