On dit que l’air est pur, qu’il suffit de le prendre,
Qu’il se donne à tous, sans besoin de le défendre,
Pourtant j’ai vu des rois, penchés sur leur tas d’or,
Souffler dedans des feux qui font tousser les morts.
Ils disent : « C’est pour vous », quand la fumée descend,
Et peignent le soleil d’un gris un peu malade,
Pendant qu’ils comptent, fiers, les bouts de terre fades
Où rien ne pousse plus que du souffle brûlant.
Ils boivent sans le voir l’air qu’ils ont souillé,
Cherchent à respirer leurs victoires fumées,
Mange leur viande intoxiquée
Et s’étonnent qu’un goût de fer rouille leurs palais.
Moi, je garde un soupir dans ma poche de ciel,
Pour quand leurs grands châteaux auront l’odeur mortelle
Des choses qu’on a tuées en croyant les vendre au vent,
Des jardins sans plus aucun enfant.
- Parnèle

